Comment CadranZero calcule, et ce que cela vaut
Un chiffre d'empreinte ne vaut que par la méthode qui le produit et par les sources qu'il cite. Cette page décrit l'une et les autres, y compris là où elles s'arrêtent.
Deux calculs, deux cadres
L'empreinte d'un produit et celle d'une entreprise ne se calculent pas de la même façon, et les confondre est l'erreur la plus fréquente.
Pour un produit, l'analyse de cycle de vie suit le cadre méthodologique des normes ISO 14040, qui pose les principes, et ISO 14044, qui fixe les exigences. Le résultat s'exprime en kgCO₂e par unité fonctionnelle, par exemple une boîte de montre.
Pour une entreprise, le bilan suit le GHG Protocol : les émissions directes (scope 1), celles de l'énergie achetée (scope 2), et les quinze catégories de la chaîne de valeur (scope 3).
Un seul indicateur, et c'est dit
Ce que produit la plateforme est une empreinte carbone au sens de la norme ISO 14067 : un seul indicateur, le changement climatique. Ce n'est pas une ACV multicritère, qui mesurerait aussi l'eau, l'acidification, l'écotoxicité ou l'usage des sols.
La distinction compte, parce qu'un produit peut très bien améliorer son empreinte carbone en dégradant un autre indicateur. Nous préférons dire ce que nous mesurons plutôt que laisser croire que nous mesurons tout.
De la même manière, aucune analyse produite ici n'est « certifiée » : une ACV ne l'est que par une revue critique menée par une tierce partie indépendante, ce que la plateforme ne fait pas et ne prétend pas faire.
Les six étapes du cycle de vie
Chaque ligne d'une analyse se rattache à l'une de ces six étapes, ce qui permet de comparer deux produits sur la même découpe :
- Matières : extraction et production des matériaux entrants, chutes comprises.
- Fabrication : procédés de l'atelier, et l'énergie qu'ils consomment.
- Transport amont : acheminement des matières et des composants jusqu'au site.
- Distribution : emballage et acheminement vers le client.
- Utilisation : ce que le produit consomme pendant sa vie, s'il consomme quelque chose.
- Fin de vie : traitement, recyclage ou élimination.
Un total élevé sur une étape n'est pas un défaut, c'est un point de levier : il désigne l'endroit où un effort produira un effet.
D'où viennent les facteurs d'émission
Un facteur d'émission convertit une quantité physique, un kilogramme d'acier ou un kilowattheure, en kilogrammes de CO₂ équivalent. C'est là que se joue la crédibilité d'un calcul, et c'est pourquoi la plateforme n'en invente aucun.
- BAFU-2025 (ecoinvent) : 11 558 facteurs, la référence suisse, libellés en anglais.
- Base Carbone (ADEME) : 15 396 facteurs, la référence française, libellés en français.
Chaque ligne d'une analyse cite le facteur retenu, sa base d'origine et son lieu de référence. C'est cette traçabilité qui permet de défendre un chiffre devant un auditeur, plutôt que de l'affirmer.
Un facteur manquant peut être créé sur mesure, à condition d'en documenter la source. Un facteur maison non documenté est une opinion déguisée en mesure.
Ce qui se partage, et à quel degré de détail
Une analyse se travaille en brouillon, se finalise, puis se publie. Tant qu'elle n'est pas publiée, personne d'autre que son auteur ne la voit. Les versions successives sont conservées avec leur date et leur auteur.
Le partage se règle ensuite pièce par pièce et maison par maison, à quatre niveaux : rien, le chiffre seul, la répartition par étape, ou le registre de calcul complet. Le dernier niveau demande une confirmation explicite, et tout partage se révoque.
Les limites, puisqu'il y en a
Une analyse repose sur des données que quelqu'un a saisies. Quand une donnée manque, on utilise un proxy, c'est-à-dire un facteur voisin jugé représentatif : c'est une approximation assumée, pas une mesure.
Les facteurs eux-mêmes portent une incertitude, qui vient de leur base d'origine et que nous ne réduisons pas. Deux analyses menées sur des bases différentes peuvent différer sans que l'une soit fausse.
Enfin, une analyse vieillit. Au-delà de trois ans, elle reste une donnée réelle mais mérite d'être revalidée : un procédé change, un fournisseur d'énergie change, un site déménage.
Ces limites sont celles de l'exercice, pas celles de cet outil. Les taire donnerait un chiffre plus confortable et moins défendable.
Les textes de référence
- ISO 14040 : principes et cadre des analyses de cycle de vie.
- ISO 14044 : exigences et lignes directrices.
- ISO 14067 : empreinte carbone des produits, un seul indicateur.
- GHG Protocol Corporate Standard, et son chapitre sur la chaîne de valeur pour le scope 3.
- Base Carbone de l'ADEME, et base LCI de l'administration fédérale suisse (BAFU, données ecoinvent).
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