Glossaire du carbone et de l'ACV

Vingt définitions autonomes des termes qui reviennent dans une demande de données carbone, de l'ACV au scope 3.1.

Publié le 07.09.2026

Les vingt termes qui reviennent dès qu'un client demande une empreinte carbone. Chaque définition se lit seule : elle ne renvoie pas à la précédente et ne suppose rien d'acquis.

ACV, analyse du cycle de vie

Méthode qui mesure l'impact environnemental d'un produit sur toute sa vie, de l'extraction des matières à sa fin d'usage. Elle suit un cadre normalisé, découpe le produit en étapes, et attribue à chacune les flux entrants et sortants. Une ACV complète mesure plusieurs indicateurs ; quand elle n'en mesure qu'un, le climat, on parle plutôt d'empreinte carbone de produit.

PCF, empreinte carbone de produit

Le résultat d'une analyse restreinte au seul changement climatique, exprimé en kilogrammes de CO₂ équivalent par unité fonctionnelle. C'est le chiffre qu'une maison demande à son fournisseur pour une pièce donnée. Il ne dit rien de l'eau, de la toxicité ou de l'usage des sols : un produit peut améliorer son PCF en dégradant un autre indicateur.

Scope 1

Les émissions directes d'une organisation : ce qui brûle sur ses sites et dans ses véhicules, plus les fuites de gaz réfrigérants. C'est la part qu'elle contrôle le plus directement, et généralement la plus petite dans l'industrie horlogère.

Scope 2

Les émissions liées à l'énergie achetée et consommée : électricité, chaleur, vapeur, froid. Elles ne sortent pas des cheminées de l'entreprise mais de celles de son fournisseur d'énergie. Le mix électrique du pays de production pèse donc lourd dans le résultat.

Scope 3

Les quinze catégories d'émissions de la chaîne de valeur, en amont comme en aval : achats, transport, déchets, déplacements, usage des produits vendus, fin de vie. C'est presque toujours la part dominante d'un bilan, et la seule que l'entreprise ne mesure pas directement.

Scope 3.1, biens et services achetés

La première des quinze catégories du scope 3 : l'empreinte de tout ce que l'entreprise achète. Dans l'horlogerie, elle domine le bilan d'une maison, parce que l'essentiel de la valeur est fabriqué à l'extérieur. Elle se calcule soit à partir de données réelles des fournisseurs, soit, faute de mieux, en multipliant un montant d'achat par un ratio sectoriel.

Facteur d'émission

Coefficient qui convertit une quantité physique en émissions : tant de kilogrammes de CO₂ équivalent par kilogramme d'acier, par kilowattheure ou par tonne-kilomètre transportée. Il provient d'une base de référence, porte un lieu et une date, et son choix explique souvent plus l'écart entre deux résultats que la différence entre les deux produits.

Donnée primaire

Mesure venue de l'endroit où l'émission a lieu : une facture d'électricité d'atelier, un relevé de consommation, une ACV établie par le fabricant de la pièce. Elle bouge quand le procédé change, ce qui est exactement ce qu'on attend d'un indicateur de pilotage.

Donnée secondaire

Valeur reprise d'une base générique ou d'une moyenne sectorielle, faute de mesure propre. Elle permet de produire un chiffre là où il n'y aurait rien, mais elle ne réagit à aucun effort : deux ateliers très différents obtiennent le même résultat s'ils utilisent la même moyenne.

Ratio monétaire

Facteur exprimé par unité de dépense, qui convertit un montant d'achat en émissions. C'est le dernier recours quand aucune donnée physique n'existe. Son défaut le disqualifie pour piloter : le chiffre baisse si l'on achète moins cher et monte si les prix montent, sans qu'aucune émission ait changé.

Unité fonctionnelle

Le service rendu auquel on rapporte le résultat, et sans lequel aucune comparaison n'a de sens : une boîte de montre, mille pièces, une année d'usage. Deux analyses ne se comparent que si elles partagent la même unité fonctionnelle.

Frontières du système

La liste de ce qu'on inclut dans une analyse et de ce qu'on en exclut : quelles étapes, quels flux, quelle zone géographique, quelle période. Deux résultats très différents peuvent être justes tous les deux s'ils n'ont pas les mêmes frontières, d'où l'obligation de les déclarer.

Proxy

Facteur voisin utilisé quand celui qui conviendrait n'existe pas dans les bases : de l'oxyde d'aluminium pour du saphir, un cuir tanné générique pour un cuir particulier. C'est une approximation assumée, à signaler comme telle, et non une mesure.

GHG Protocol

Le référentiel international qui définit le calcul des émissions d'une organisation, et notamment le découpage en scopes 1, 2 et 3. C'est lui qui fait autorité quand une entreprise publie un bilan carbone, et qui liste les quinze catégories du scope 3.

ISO 14040

Norme qui pose les principes et le cadre d'une analyse du cycle de vie : les quatre phases, le vocabulaire, les exigences de transparence. Elle dit comment penser une analyse, pas comment calculer un résultat précis.

ISO 14044

Norme complémentaire de la précédente, qui fixe les exigences et les lignes directrices : règles d'allocation, traitement des données manquantes, revue critique. Une analyse conforme à ces deux normes reste non certifiée tant qu'une tierce partie indépendante ne l'a pas revue.

ISO 14067

Norme dédiée à l'empreinte carbone des produits : un seul indicateur, le changement climatique, avec les règles de quantification et de communication. C'est le cadre d'un PCF, là où ISO 14040 et 14044 encadrent l'analyse multicritère.

CSRD

Directive européenne qui impose à un large ensemble d'entreprises de publier des informations de durabilité vérifiées, selon des standards communs. Son effet dépasse ses assujettis directs : une entreprise soumise réclame des données à ses fournisseurs, y compris hors d'Europe et y compris petits.

ESRS E1

Le standard climatique de la CSRD. Il exige la publication des émissions des trois scopes, des cibles de réduction et du plan de transition. C'est lui qui transforme le scope 3, longtemps facultatif dans les faits, en information à publier et à faire vérifier.

SBTi

Initiative qui valide les objectifs climatiques d'entreprise en vérifiant qu'ils sont compatibles avec une trajectoire scientifique. Elle impose des rythmes minimaux de réduction et des règles de couverture du scope 3. Un objectif validé engage l'entreprise sur un chemin, pas seulement sur une date.

Couverture primaire

Part d'un scope 3.1 qui repose sur des données venues des fournisseurs plutôt que sur des estimations. C'est l'indicateur de solidité d'un bilan : deux entreprises au même total n'ont pas la même qualité de mesure si l'une couvre dix pour cent et l'autre soixante.

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