Bilan carbone gratuit pour les fournisseurs de l'horlogerie, et pourquoi

Quatre outils professionnels offerts aux sous-traitants horlogers. Le modèle qui le permet, ce qu'il vous coûte vraiment, et ce qui reste privé.

Publié le 07.09.2026

À retenir

  • Les fournisseurs ne paient rien, à aucun moment : ce sont les maisons horlogères qui financent la plateforme.
  • Ce n'est pas une offre de lancement mais une contrainte de méthode : faire payer celui qui produit la donnée, c'est se priver de la donnée.
  • Le vrai coût pour vous est le temps de la première analyse. Les suivantes vont beaucoup plus vite.

Ce qui est offert, exactement

Quatre outils, sans limite d'usage et sans fonction réservée à un abonnement.

L'analyse de cycle de vie de vos pièces. Vous déclarez l'empreinte d'une pièce étape par étape : matières, fabrication, transport amont, distribution, utilisation, fin de vie. Le calcul suit le cadre méthodologique des normes ISO 14040 et 14044, et chaque ligne cite le facteur d'émission retenu, sa source et son lieu de référence.

Le bilan carbone de votre entreprise. Scopes 1, 2 et 3, avec la ventilation des quinze catégories du GHG Protocol et la trajectoire d'une année sur l'autre. C'est souvent la première demande d'un donneur d'ordre, et elle est comprise.

La veille réglementaire. Les textes suisses et européens qui vous concernent, résumés, filtrés pour l'horlogerie et rangés par échéance. Vous n'avez pas à surveiller vous-même le Journal officiel de l'Union européenne.

La méthode et la documentation. Des guides et des vidéos courtes pour chaque étape, plus une base de facteurs d'émission de référence.

Pourquoi c'est gratuit, et où est le piège

La question mérite d'être posée franchement, parce que la gratuité inquiète à juste titre.

Seules les maisons horlogères paient un abonnement. La raison n'est pas commerciale, elle est méthodologique. Une maison qui veut un scope 3.1 fondé sur des mesures réelles a besoin que ses centaines de fournisseurs déclarent. S'il faut présenter une facture à chacun d'eux, la plupart ne déclareront pas, et la maison retombera sur des ratios au franc dépensé, qui ne bougent jamais.

Autrement dit, votre gratuité est exactement ce que la maison achète.

Le piège habituel de ce genre d'offre, la revente de données, n'existe pas ici : vos données ne sont ni agrégées ni commercialisées, sous aucune forme, et il n'y a pas de commission sur les échanges.

Le seul coût réel est votre temps, et il vaut d'être annoncé sans le minimiser.

Ce que ça vous prend, honnêtement

La première analyse est la plus longue, parce qu'il faut réunir les données : la nomenclature de la pièce et les masses, les procédés et leurs quantités, la consommation d'énergie de l'atelier rapportée au nombre de pièces produites, les transports amont, le devenir des chutes.

Rien de tout cela n'est hors de portée d'une PME, mais rien de tout cela n'est instantané non plus. Comptez une vraie demi-journée pour la première, en comptant la collecte.

Les suivantes vont beaucoup plus vite. Une pièce voisine se duplique et s'ajuste, et les facteurs d'émission déjà choisis se retrouvent en un mot-clé.

Ce qu'il faut n'est pas un spécialiste du carbone. C'est quelqu'un qui connaît l'atelier, ses quantités de matière, ses procédés et son énergie. C'est précisément pour cela que le parcours est découpé en étapes courtes.

Ce qui reste strictement à vous

Votre bilan carbone d'entreprise n'est jamais visible d'une maison. Vos analyses ne partent qu'aux maisons que vous désignez, pièce par pièce, au niveau de détail que vous choisissez, et tout partage se révoque d'un clic. Aucune information de prix ne vous est demandée.

Comparé à un tableur, ce que ça change

Beaucoup de fournisseurs répondent aujourd'hui avec un tableur, et il faut reconnaître ce qu'un tableur fait bien : il est gratuit, il est à vous, personne ne peut vous le retirer.

Trois choses lui manquent, et elles coûtent cher à l'usage.

La base de facteurs. Trouver un facteur d'émission défendable, avec sa source et son lieu de référence, prend plus de temps que le calcul lui-même.

La réutilisation. Chaque client a son format. Un tableur répond à une demande ; il ne répond pas dix fois sans être refait dix fois.

La traçabilité. Un tableur ne garde pas qui a modifié quoi, ni quand. Le jour où un client audite votre chiffre, c'est exactement ce qu'il demandera.

L'intérêt est concret : répondre une fois plutôt que remplir le même questionnaire des dizaines de fois par an, et disposer d'un chiffre défendable quand un client le demande.

Comment commencer

Si une maison vous a invité, vous avez reçu un lien : il ouvre votre espace, et il n'y a rien à payer ni à négocier. Sinon, demandez un accès : nous ouvrons les comptes fournisseurs sur demande, y compris sans maison de rattachement, pour que vous puissiez préparer vos analyses avant qu'on vous les réclame.

Pour aller plus loin : ce qu'est une ACV, partager une ACV sans livrer ses secrets et le glossaire.

Sources

  1. ISO 14040 et ISO 14044, cadre méthodologique des analyses de cycle de vie.
  2. GHG Protocol, Corporate Standard, pour le découpage en scopes 1, 2 et 3.
  3. Base Carbone de l'ADEME et base LCI de l'administration fédérale suisse, pour les facteurs d'émission.

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